La traçabilité en cuisine, retrait et rappel d'un lot
La troisième partie du plan de maîtrise sanitaire est la plus courte à écrire et la plus longue à improviser un jour de crise. Elle répond à 2 questions : d'où vient ce produit, et que fait-on si un lot pose problème. Cette page les traite dans l'ordre, en complément de le plan de maîtrise sanitaire.
Ce que la traçabilité doit permettre
2 mouvements : remonter au fournisseur d'un produit présent en cuisine, et redescendre vers ce qui en a été fait. En restauration commerciale, le second mouvement s'arrête au client, ce qui simplifie beaucoup par rapport à l'industrie.
Concrètement, il s'agit de pouvoir dire, devant un lot suspect, de qui il vient, quand il est arrivé, et dans quelles préparations il est parti.
les relevés de température en cuisine, tenus à la main traite ce cas précisément.
Les documents à conserver pour la traçabilité
Bons de livraison, factures, étiquettes de lot pour les produits qui en portent, documents d'accompagnement pour les produits de la mer et les coquillages. Ils se rangent par mois, et se retrouvent en quelques minutes.
Le rangement compte autant que la conservation. Un carton non trié rend la traçabilité théorique : elle existe sur le papier et ne fonctionne pas le jour où elle sert.
Combien de temps garder les documents de traçabilité
La durée se cale sur la durée de vie des produits, avec une marge. Pour une restauration classique, l'année en cours et la précédente suffisent largement à répondre à un contrôle ou à une enquête.
Les produits congelés faits maison demandent un peu plus d'attention : leur étiquetage, avec la date de congélation et la nature du produit, fait partie de la traçabilité interne.
La procédure de retrait
Retirer, c'est empêcher un produit encore en stock de partir au service. 4 gestes : identifier le lot, bloquer physiquement le stock, informer l'autorité compétente si la gravité le justifie, et enregistrer l'incident.
Ces 4 gestes s'écrivent une fois, au calme. Improvisés un vendredi soir, ils se font mal ou pas du tout. C'est la même logique que pour les actions correctives décrites dans méthode HACCP : définition, 7 principes et application en restauration.
Le rappel, quand le produit est parti
Rappeler, c'est informer les consommateurs qui ont déjà reçu le produit. En restauration, le cas est rare mais pas impossible : vente à emporter, traiteur, commande livrée.
La procédure suppose alors de savoir qui a acheté quoi, ce qui n'est possible que si l'établissement conserve des traces de commande. C'est un point que les traiteurs doivent traiter et que les restaurants classiques peuvent traiter brièvement.
Quel service prévenir en cas de retrait de lot, et quand
La direction départementale en charge de la protection des populations est l'autorité compétente pour les établissements de restauration. Le fournisseur du produit concerné doit également être informé.
Le plan gagne à porter le numéro et l'adresse du service compétent, écrits à l'avance. Les chercher au moment où on en a besoin fait perdre un temps précieux. Les services compétents sont détaillés dans le contrôle sanitaire, comment il se passe.
Les plats témoins
Conserver un échantillon des préparations servies permet, en cas de suspicion de toxi-infection, de savoir ce qui a été mangé. C'est une pratique répandue en restauration collective et utile ailleurs.
Elle n'est pas systématiquement imposée en restauration commerciale classique, mais elle change tout le déroulement d'une enquête quand elle existe. Le sujet est traité dans la famille consacrée au contrôle.
L'étiquetage des préparations maison
La traçabilité amont repose sur les documents du fournisseur. La traçabilité interne repose sur une étiquette, et c'est là que la chaîne casse le plus souvent.
Une préparation transférée dans un autre contenant perd son identité : plus de nom, plus de date, plus de lot d'origine. 3 semaines plus tard, personne ne sait ce que contient la barquette du fond de la chambre froide, ni depuis quand. L'étiquette porte le nom de la préparation, la date de fabrication et la durée de vie décidée par l'établissement.
Le lot d'origine mérite d'y figurer pour les produits sensibles. Si un fournisseur signale un problème sur un lot de volaille, l'établissement qui a noté ce lot sur ses préparations sait en 10 minutes ce qui est concerné. Celui qui ne l'a pas noté jette tout ce qui contient de la volaille, ce qui coûte plus cher que l'étiquette.
Ce que le contrôle vérifie sur la traçabilité
La capacité à retrouver l'origine d'un produit présent en cuisine, en quelques minutes. L'inspecteur désigne un produit et demande d'où il vient : c'est le test le plus direct de la traçabilité.
Un établissement qui répond en ouvrant un classeur a une traçabilité qui fonctionne. Un établissement qui cherche a un document qui décrit une intention.
Textes en vigueur au 27 août 2026 : arrêté du 12 février 2024 pour la durée, le référentiel et les 4 heures de présentiel, qui abroge celui du 5 octobre 2011, et arrêté du 18 novembre 2024 pour les dispenses. Prochaine revue de ces textes prévue en février 2027.
Questions fréquentes
Que doit permettre la traçabilité ?
Savoir d'où vient chaque produit et où il est allé, en quelques minutes.
Quels documents conserver ?
Bons de livraison, factures, étiquettes de lot, et documents d'accompagnement pour les produits de la mer.
Quelle différence entre retrait et rappel ?
Le retrait bloque un produit encore en stock. Le rappel informe les consommateurs qui l'ont déjà reçu.
Faut-il conserver des plats témoins ?
C'est répandu en restauration collective et utile ailleurs. Cela change le déroulement d'une enquête en cas de suspicion.
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Qui a écrit cette page
Pascal Segarra
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