Financer la formation hygiène d'un gérant de société
2 gérants du même restaurant, avec le même titre sur la même carte de visite, peuvent relever de 2 guichets différents pour financer la même formation hygiène. La frontière ne tient pas au rôle exercé mais aux parts détenues. Cette page dit où elle passe, en complément de financer la formation d'un dirigeant non salarié.
La ligne de partage
Un gérant qui détient plus de la moitié des parts est majoritaire, donc travailleur non salarié. Un gérant qui en détient la moitié ou moins est minoritaire ou égalitaire, donc assimilé salarié.
Cette distinction gouverne le régime social, la protection sociale, et par ricochet le guichet de formation. Elle ne se déduit pas des fonctions exercées : un gérant minoritaire peut diriger seul l'établissement au quotidien.
Le calcul de la majorité
Les parts du gérant s'additionnent à celles de son conjoint et de ses enfants mineurs, et en cas de gérance collégiale, à celles des autres gérants. Un gérant à 40 % dont le conjoint détient 20 % est donc majoritaire.
C'est le point que les exploitants calculent mal, et il change la réponse du tout au tout. Le statut social figure sur les documents de l'expert-comptable et se vérifie en un appel.
Le gérant majoritaire : fonds d'assurance formation
Il ne relève pas de l'opérateur de compétences, même si sa société emploie 10 salariés qui, eux, en relèvent. Son guichet est l'AGEFICE pour une activité commerciale.
Il paie pour cela une contribution à la formation professionnelle avec ses cotisations, et c'est elle qui ouvre les droits. Le mode d'emploi est dans l'AGEFICE, mode d'emploi.
Le gérant minoritaire : opérateur de compétences
Assimilé salarié, il entre dans le plan de développement des compétences de l'entreprise comme n'importe quel salarié, et son coût de formation se traite avec l'opérateur de la branche.
C'est administrativement plus simple, avec un seul dossier pour lui et son équipe. Le circuit est décrit dans le plan de développement des compétences.
Critères de prise en charge relevés le 28 août 2026 auprès de l'AGEFICE, fonds d'assurance formation des chefs d'entreprise. Les enveloppes et les plafonds sont votés chaque année : prochaine revue prévue en janvier 2027.
Le président de SAS
Il est assimilé salarié quel que soit le nombre de parts détenues, ce qui le rapproche du gérant minoritaire pour la protection sociale. Pour la formation, la question se pose concrètement : perçoit-il une rémunération soumise à cotisations.
Un président de SAS non rémunéré n'entre dans aucune masse salariale, ce qui complique l'accès aux fonds mutualisés. Le point se vérifie avec l'expert-comptable avant de monter un dossier plutôt qu'après un refus.
Le cas de la société en cours de création
Avant l'immatriculation, il n'y a ni statut social ni contribution versée. La personne est encore dans sa situation antérieure, souvent demandeur d'emploi, et c'est ce statut qui ouvre des droits.
Déposer une demande avant de s'immatriculer est donc souvent la meilleure décision, et elle ne peut plus être prise ensuite. Le calendrier est traité dans financement France Travail : les 3 conditions de l'aide individuelle à la formation.
Ce qui change quand on modifie la répartition des parts
Un gérant qui passe de minoritaire à majoritaire, ou l'inverse, change de régime social. Le guichet de formation suit, et le changement prend effet à la date de la modification.
Cela crée une situation à surveiller : un dossier déposé sous un statut et instruit sous un autre. Les instructeurs se réfèrent à la situation constatée, et un décalage entre les 2 peut suffire à faire tomber la demande.
Quand une cession de parts est prévue, l'ordre des opérations mérite donc d'être pensé. Déposer avant la modification, ou attendre qu'elle soit effective et déposer ensuite au bon guichet, sont 2 stratégies valables. Déposer pendant est la seule qui ne l'est pas.
La question à poser au moment de la création
Le choix de la forme sociale et de la répartition des parts se fait à la création, souvent sans penser à la formation. Il détermine pourtant le guichet pour toutes les années qui suivent.
Ce n'est pas un critère de décision majeur, et il ne doit pas primer sur les questions de protection sociale ou de fiscalité. Mais le connaître évite la découverte tardive, 2 ans plus tard, au moment où une formation obligatoire se présente et où le guichet attendu se révèle incompétent.
Ce qu'il faut demander à son comptable
Une phrase suffit : suis-je travailleur non salarié ou assimilé salarié. La réponse tient en un mot et elle décide de tout le reste du parcours de financement.
La poser avant de chercher un financement évite de monter un dossier au mauvais guichet, ce qui est le motif de refus le plus fréquent et le seul qui ne se corrige pas.
Questions fréquentes
Un gérant majoritaire relève-t-il de l'OPCO ?
Non. Travailleur non salarié, il relève de son fonds d'assurance formation, l'AGEFICE pour une activité commerciale.
Comment se calcule la majorité ?
Sur les parts du gérant, augmentées de celles de son conjoint, de ses enfants mineurs et des autres gérants en gérance collégiale.
Un président de SAS est-il assimilé salarié ?
Oui, mais l'accès aux fonds mutualisés dépend de l'existence d'une rémunération soumise à cotisations.
Que faire avant l'immatriculation ?
Déposer sa demande tant que le statut antérieur ouvre des droits : ce n'est plus possible ensuite.
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Qui a écrit cette page
Pascal Segarra
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